wishyouwerehere

Producteur: Pink Floyd
Genre: Rock Progressif
Date de Sortie: Septembre 1975
Line-up : David Gilmour, Roger Waters, Nick Mason et Rick Wright
Durée : 44 minutes
Tracklisting :

1. Shine On You Crazy Diamond (Part 1-5)
2. Welcome To The Machine
3. Have A Cigar
4. Wish You Were Here
5. Shine On You Crazy Diamond (Part 6-9)

Sorti en 1975, Wish You Were Here est un album très court et d’une rare intensité, sûrement un des sommets de la carrière de célèbre groupe britannique. Il constitue également un hommage à Syd Barret, premier guitariste du groupe ayant sombré dans la drogue et la maladie. Nombreuses sont les références à ce personnage, de Shine On You Crazy Diamond (« Remember when you were young, you shone like the sun ») à l’éternelle et magnifique chanson titre. Syd fera une apparition remarquée au studio d’enregistrement, mais son allure méconnaissable et son attitude « absente » choqua bon nombre des membres du groupe.
L’album aborde, au travers des paroles de Roger Waters, la perte progressive de la bonne ambiance au sein de Pink Floyd ainsi qu’une critique acerbe de l’industrie musicale, plus intéressée par l’argent vite fait que par la musique elle-même.

L’album s’ouvre sur le magistral Shine On You Crazy Diamond (Part 1-5), morceau aux multiples atmosphères, d’une richesse harmonique et mélodique hors du commun. D’abord atmosphérique, le clavier faisant couler une nappe sonore qui transporte l’auditeur dans un autre monde, le morceau gagne progressivement en intensité, surtout lorsque la guitare de David Gilmour entre en scène, tout en douceur. Puis vient ce qui résonne comme le vrai début de la chanson : une pause suivie de 4 notes. 4 notes absolument géniales, répétées 4 fois avant que la batterie ne vienne apporter sa touche. Dès lors, la guitare se fait plus présente, les claviers sont un peu plus en retrait, mais entoure toujours la chanson d’une atmosphère dense, mais pas pesante. L’ambiance, toujours posée, est teintée d’une certaine mélancolie lorsque Gilmour fait crier sa Stratocaster comme lui seul sait le faire. Ce n’est qu’à 8 :45 que la voix apparaît et nous gratifie d’un chant plaintif que vient souligner la guitare, par ses motifs blues. Enfin, le morceau entre dans la dernière partie, un long solo de saxophone, supporté par de la guitare acoustique en rythmique et toujours ces claviers enveloppants. Le rythme change un peu, mais malgré la performance du joueur ce n’est pas ma partie préférée.



(La version live présentée n'est pas la meilleure, mais impossible d'en trouver une complète sur "Toiture")

Après un tel chef-d’œuvre, l’auditeur reste sonné l’espace d’un court instant… Le temps que Welcome To The Machine ne l’entraine dans un monde beaucoup plus inquiétant et futuriste. A nouveau le chant est plaintif, très expressif. La chanson ne se départit jamais de cette ambiance pesante, les claviers sont omniprésents et la guitare acoustique les soutient. Welcome to The Machine est une expérience auditive, très riches en sonorités électroniques « industrielles », une véritable machine à oppresser l’auditeur, à le transporter hors du temps et de l’espace, à le broyer. Elle se termine abruptement, sur le bruit d’une machine accélérant, puis sur une pièce de gens conversant plus gaiment. Une bouffé d’air frais…

Have a Cigar est une chanson est plus rythmée, plus rock qui abandonne l’ambiance lourde de la précédente. La guitare retrouve une place plus importante, mais les claviers dominent toujours. Toutefois, David Gilmour nous gratifie d’un solo très « Gilmourien », ciselé et expressif. Le chant est toujours aussi intense mais paraît lointain. Elle semble un peu marquer la pas par rapport aux précédentes et se termine sur un son en monocanal, lors duquel l’auditeur se demande si ses écouteurs fonctionnent toujours…

La piste qui suit est une des plus connue de Pink Floyd et aussi la chanson titre : Wish You Were Here. Véritable hommage à Syd Barret de la part de David Gilmour.
La ballade débute sur le son mono de Have a Cigar, puis repasse en stéréo. C’est une chanson d’une intensité émotionnelle énorme, et la voix de Gilmour y est pour beaucoup. Il chante avec une mélancolie extrême, une tristesse sensible, relative au sort de son ami. Il parle d’un homme qui a perdu ses valeurs, qui semble avoir été broyé par le système psychiatrique, un homme dont il ne reste plus qu’un fantôme, l’ombre de ce qu’il était. La tension monte d’un cran quand Gilmour attaque le refrain à 3 :15. A chaque fois, c’est pareil, j’en ai des frissons et la chaire de poule.
L’orchestration ajoute encore de la tension à la fin, alors que la voix s’est (presque) tue (en réalité, David chante au-dessus de son solo de guitare). La chanson se finit sur le bruit du vent, comme celui qui balaye un souvenir. Pour plus de tension et d’émotion encore, écoutez la version du Royal Albert Hall ou du concert Unplugged, tous deux de D. Gilmour en solo.

Enfin, la dernière piste est le complément de l’opener : Shine On You Crazy Diamond (Part 6-9). Plus longue, mais moins réussie. Elle reprend toutes les grandes ambiances rencontrées au fil de l’album et les synthétise en une piste. On passe donc de l’atmosphérique, à l’oppressant puis aux rythmes plus enjoués pour terminer avec de la mélancolie. Même si le mélange est réussi, l’alchimie ne prend pas tout à fait (en tout cas avec moi). Et pourtant, elle constitue une fermeture d’album très correcte.

Wish You Were Here est un album mythique et son statut n’a rien d’usurpé. Court, intense, sans concessions, il transporte l’auditeur à travers un univers complet de sonorités tantôt bluesy, jazzy, industrielles,… L’ambiance passe de la légèreté à l’oppression, de l’optimisme à la mélancolie. Wish You Were Here est une véritable expérience auditive, à réaliser au moins une fois et plus si affinité !