Slumdog_Millionnaire_affiche

Danny Boyle – Loveleen Tandan (2008)
Dev Patel, Freida Pinto, Anil Kapoor, Ayush Mahesh Khedekar, Rubina Ali
Musique: A.R. Rahman
Drame romantique

Synopsis et Bande d'annonce (VOST)

Jamal, jeune indien issus des bidonvilles, est finaliste de la version nationale du jeu Qui Veut Gagner Des Millions? Il est accusé de tricherie et subit un interrogatoire au cours duquel il explique grâce à des flashbacks comment il a trouvé les réponses.

Critique

Grand succès de Danny Boyle, Slumdog Millionaire m’avait toujours intrigué bien que je n’ai jamais pris réellement le temps de le regarder. C’est maintenant chose faite ! Ce n’est pas la claque à laquelle je m’attendais, n’empêche que le film est plutôt poignant (faut dire que le sujet revêt un aspect particulier).

Tour à tour tendre et révoltant, le film nous plonge au milieu de la « vie » des bidonvilles de Mumbaï, où deux frères tentent de survivre comme ils peuvent.  Il oscille en réalité entre l’ascension du Jamal à Qui veut Gagner des Millions? et les souvenirs qui lui permettent de répondre, souvenirs pour la plupart douloureux. La vie dans les bidonvilles est faite de violence, de traitrise et de débrouille. C’est la loi du chacun pour soi, même si rarement l’esprit de famille, l’entraide et l’amitié viennent illuminer une existence décidément bien sombre.

Slumdog_Millionnaire_1

Danny Boyle montre ici l’Inde des oubliés, ceux dont le pouvoir économique nul n’intéresse personne. Il  filme  l’extrême pauvreté des bidonvilles, les tensions interreligieuses (la violente scène de la descente de fanatiques hindous dans le quartier musulman décrit une triste réalité) et l’opulence des quartiers riches, de la télévision et la condescendance de ces classes aisées vis-à-vis des plus pauvres. Le système de castes a beau avoir été aboli, il n’en reste pas moins vivace dans la société… Les relations ambigües entre tourisme et pauvreté sont aussi évoqué à travers quelques séquences.

Cela lui a d’ailleurs valu beaucoup de critique dans le pays, beaucoup dénonçant une vision facile, réductrice et « occidentale », loin de l’image d’une nation unie pacifique et en plein boom que véhicule le gouvernement. Mais il faut constater que si la diversité du pays est largement  supérieure à ce que le film montre, la pauvreté est une facette encore très importante à l’échelle nationale, malgré l’émergence économique sur la scène mondiale. Le problème des bidonvilles est bien réel, toujours très présent, en témoigne la polémique qui a suivi le film concernant le sort des enfants-acteurs.

Slumdog_Millionnaire_2

D’un autre côté, Slumdog Millionnaire ne se limite pas à de la dénonciation facile et constitue autant une fenêtre sur une réalité qu’un hommage au cinéma indien de Bollywood. En effet, l’histoire est autant construite sur la réussite de Jamal que sur une histoire d’amour presque impossible entre Latika et lui. Elle permet d’illustrer entre autre le besoin d’évasion, d’un espoir pour sortir de la misère au moins mentalement, mais apporte aussi de l’optimisme dans un film assez dur par moment.

Impossible d’évoquer Slumdog Millionnaire sans parler de ses acteurs. Force est de constater que ceux-ci savent émouvoir, dans tous les sens du terme. L’impact du film dépendait éminemment de leur performance, et même si ce n’est pas parfait, c’est largement suffisant. Tout qui l’a vu aura sans doute été très attendri et ému par les séquences de l’enfance de Jamal. Les gamins sont extrêmement touchants, par leur situation et leur candeur, malgré un sens très développé de la survie.  Leur personnalité est déjà bien affirmée, et on entrevoit le leadership et la « noirceur » de Salim et la naïveté/aspect rêveur de Jamal. Leur relation oscille entre l’entre-aide et les conflits tant leur personnalité est opposée. Et chacun développe cette facette tout au long de l’histoire. Puis disons-le tout net, ces gosses sont tout ce qu’il y a de plus mignons (et pas minions, Sam XD).

Slumdog_Millionnaire_3

En définitive, Slumdog Millionnaire est un très bon film, certes loin du phénomène qu’on en a fait, dépeignant une réalité peu reluisante l’Inde, entre opulence et indigence, tout en y intégrant beaucoup d’éléments d’une société complexe (avis d’experts, la représentation est plutôt fidèle). En outre, Danny Boyle livre un véritable hommage occidentalisé à Bollywood, à sa capacité à faire rêver des millions d’indiens. Entre acteurs touchants et situations dérangeantes, Slumdog Millionnaire est un film émouvant, dur, parfois un peu facile, mais à voir au moins une fois.

Slumdog_Millionnaire_4