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Pas d’inquiétude, Le umas n’a pas radicalement changé d’avis, pas plus qu’il n’est en âge de radoter (quoique…). Ce n’est donc pas une nouvelle critique, mais plutôt un complément à l’article déjà publié ICI.

En effet, Le Roi Lion est ressorti momentanément sur les grands écrans du monde entier à l’occasion du lancement du BR, comme il l’avait fait avec le DVD en 2002. Cela ne pouvait pas mieux tomber, parce que n’ayant que 2-3 flash de quand j’ai été le voir en 1995, voici qu’une occasion inespérée de découvrir ce majestueux dessin animé au cinéma se présente.

Déjà très impressionnant sur Blu-Ray et TV HD, le film prend toute son ampleur dans une salle obscure, l’immersion est quasi-totale.  Il devient une expérience à part, le lyrisme est plus sensible et l’action plus percutante. Paradoxalement, ce sont les scènes « secondaires » qui prennent plus d’ampleur, notamment grâce aux nuances musicales plus audibles. Ce genre de scènes, qui même si on les connaît par cœur, constituent les véritables redécouvertes du film. Ceci ne veut pas dire que les grandes séquences remarquables sur les supports individuels perdent de la force, que du contraire. Elles sont elles aussi sublîmées par le cinéma (la charge des gnous, le combat final, l'ascension du rocher sous la pluie...arrrgh).

A ma plus grande satisfaction, c’est la version cinéma-VHS originale qui est présentée, avec la séquence d’apprentissage de la chasse en entier, les crocodiles pas redessinés, ni recolorisés.

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Passons au cœur de la polémique, l’usage de la 3D pour un tel film. La première impression est que le travail a été bien fait. La profondeur de champ offerte par les nombreux paysages est plus qu’appréciable. Les personnages ressortent bien par rapport à leur environnement, contrairement à ce que l’on peut craindre lorsqu’un tel procédé est appliqué à un film d’animation classique. Le film reste très coloré, mais celles-ci perdent en intensité du fait des lunettes qui les atténuent. Au final, on gagne un petit  quelque chose dans l’immersion, surtout lors des plans larges. Sur le point de vue technique, c’est donc presque un sans-faute.

Pourtant, la 3D lisse fort l’image, le grain typique des premières versions a entièrement disparu. Cela va même au-delà de ce que le Blu Ray offre. Le relief se gagne donc au détriment d’un autre relief… Paradoxal, une fois encore. En outre, les effets de fluides mettent en avant les limites techniques de l’animation traditionnelles. L’eau ne souffre guère de l’adaptation (quoique la pluie fasse office de voile devant les personnages, plus qu’elle en les entoure). Au contraire du feu, surtout quand il est vu du dessus. Enfin, il m’a semblé que lors de rares séquences particulières (quand le sujet s’avance vers le spectateur), le mouvement des personnages apparaissait un peu saccadé.

En définitive, Le Roi Lion n’a pas intrinsèquement besoin de la 3D. Les amateurs de techniques trouveront qu’un pas a été franchi dans l’immersion, les fans nostalgiques regretteront le lissage de l’image et le fait que la technique révèle les limites du support original de manière parfois très flagrante.

Toutefois, la question de la 3D a été tout à fait secondaire dans mon cas. Le Roi Lion au cinéma est un événement que je ne pouvais manquer, peu importe qu’il soit en 3D. Je pense que c'est le cas de beaucoup des gens qui ont été voir "Le Roi Lion" et non "Le Roi Lion en 3D". La nuance est importante. On peut donc se demander si son succès au box-office n'est pas dû simplement à sa qualité intrinsèque et non à la 3D... Car bien que la démonstration technique n’enlève rien au film, elle ne lui apporte pas grand-chose non plus. La magie de l’univers opère toujours dès le lever du soleil, et ce ne sont pas les limites révélées qui l’amoindriront. 

Bref, Le Roi Lion au ciné, 3D ou pas, c’est à (re)faire, définitivement !

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