inglourious_basterds
Quentin Tarantino (2009)
Cristoph Waltz, Brad Pitt, Mélanie Laurent, Micheal Fassbender
Musique : Ennio Morricone
Guerre

Dans la France occupée, un colonel SS traque et tue les juifs, dont la famille de Shosanna Dreyfus, laquelle s’échappe à Paris et prépare sa vengeance. Pendant ce temps, le colonel américain Aldo Raine recrute une bande de soldat pour traquer et tuer les nazis…



 « You know somethin', Utivich? I think this just might be my masterpiece»…

Inglourious Basterds, c’est du concentré de ce que son réalisateur a de plus typique : récit découpé, humour noir, violence crue et réalisation dynamique. Ses détracteurs passeront devant ce film, les autres resteront accrochés, voire scotchés pour certains.

En effet, l’introduction vaut son pesant de cartouches, huis-clos étouffant,  véritable torture psychologique mettant en scène un C. Waltz excellent en « chasseur de juifs » à l’indélébile et irritant sourire. D’entrée de jeu Tarantino frappe fort avec un crescendo dans la tension remarquablement maîtrisé par d’intelligents dialogues et culminant dans une séquence de violence crue et jouissive. Bref, le film tranche dans le vif assez rapidement. Pourtant, question sadisme et violence gratuite, ce n'est qu'un aperçu. La recette se répète maintes fois au cours du métrage, mais pousse toujours ces accès un cran plus loin (ferme, forêt, bar, cinéma).

L’humour constitue l’autre facette d’Inglourious Basterds. D’extrêmement sombre à plus léger, il fait mouche au travers de dialogues dont la finesse d’écriture et la pertinence scénaristique font oublier leur (sur)abondance. L’on rira souvent, surtout grâce à cette belle bande de connards emmenée par un Pitt en pleine forme. Personnage attachant et parfaite antithèse de Waltz, il délivre pas mal d’humour léger. Le dialogue en italien en est le meilleur exemple, son accent dériderait le porc-épic décoiffé et terrorisé par Insidious. D’ailleurs son américain du Sud se rapproche d’une sorte de poésie paysanne tant il est doucement (!) bourrin et outrancier.
Les protagonistes - ayant chacun droit à leur chapitre - provoquent différentes réactions : impitoyables, impressionnants, sadiques, repoussants mais finalement attachants. Et contrairement à ce que le début du film laisse penser, le titre ne se réfère pas uniquement au groupe d’américains. Chaque personnage est à manière un « Basterd ».

La réalisation et la musique sont à la hauteur de la réputation de Tarantino. Loin de l’académisme, dynamiques et décalées, elles offrent de beaux moment de bravoure, de cruauté mais surtout beaucoup de classe à l’ensemble. La musique, particulièrement, se veut variée passant de thèmes très « western » et rock enlevé.

En définitive, acteurs épatants (Waltz et Pitt en tête), dialogues savoureux et humour noir sont au menu de ce panier de crabes façon Chef Tarantino. Violent, cru, caustique et impertinent, Inglourious Basterds ravira les amateurs du genre (et les autres aussi) par ses ambiance intenses, dramatiques et toujours avec cette touche de fun assumée.

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Et surtout: JOYEUX NOEL à toutes et tous !!! :)