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James Webb (2012)

Andrew Garfield, Emma Stone, Rhys Ifan
Musique: James Horner
Science-Fiction/ fantastique

Abandonné par ses parents lorsqu’il était enfant, Peter Parker a été élevé par son oncle Ben et sa tante May. Devenu adolelescent, Peter entame une quête pour élucider la disparition de ses parents, ce qui le conduit rapidement à Oscorp et au laboratoire du docteur Curt Connors, l’ancien associé de son père. Piqué par une araignée mutante, il acquiert des super-pouvoir. En décidant d’utiliser ses pouvoirs, il va choisir son destin…(Allociné, 2012)


L’idée d’un reboot d’une trilogie d’à peine 10 ans n’était guère porteuse auprès des fans, tout semblant avoir été dit dans les excellents films de Sam Raimi (du moins les 2 premiers). A coup de promotion massive et d’une promesse d’un changement de ton, la franchise semble pourtant attirer les foules dans les salles.

Au premier coup d’œil, l’attention se porte sur l’esthétique des images, très contrastées et colorées, ainsi qu’à la réalisation qui semble taillée pour la 3D spectaculaire. Certaines scènes de vols sont d’ailleurs pensées pour cette technologie et le visionnage en 2D s’avère dès lors frustrant dans ces moments spécifiques. James Webb sait s’y prendre pour fournir du spectacle et user des effets spéciaux, dont certains flirtent avec le gore. On regrettera que le design du Lézard soit moins réussi.

La relecture scénaristique donne un point de vue plus adolescent que le modèle original. Le film aborde tant la naissance du héros que les doutes identitaires et les relations affectives des ados. Chacune bénéficie de parties qui leur sont dédiées conférant une sorte de dualité au scénario, à l’image du héros masqué. Comme on peut l’imaginer, ces deux aspects tendent l’un vers l’autre avec le temps. L’on pourra compter sur un casting correct, bien que Garfield manque un peu charisme, passant au second plan face à Emma Stone (au personnage infiniment plus intéressant que celui de Kirsten Dunst) et surtout Rhys Ifan (impeccable en Connors).

Cependant le reboot manque singulièrement d’imagination, d’envergure épique.  L’aspect adolescent colle pas mal à une certaine version des comics, ce qui est une qualité et un défaut. Le respect du matériel original (du moins sur ce point de vue) est à reconnaître, de même que le réalisme de la psychologie dépeinte. La crise identitaire, la recherche de ses racines, le deuil et les relations amoureuses et la  découverte des pouvoirs sont autant de passages obligés. L’usage de ces derniers et la notion de responsabilité sont également mis en avant, conduisant Peter Parker le vengeur vers Spiderman le héros. Toutefois, ces développements, aussi bien menés soient-ils grèvent le rythme du film, alourdissent le dynamisme d’une histoire qui en a pourtant besoin.

Et la prévisibilité du scénario n’aide pas le film à véritablement prendre son envol (tous les éléments sur le méchant et son plan sont très vite dévoilés pour le spectateur attentif). Les enjeux restent assez  flous, le développement des personnages prenant largement le pas.  De fait, ils ressemblent à  de grandes esquisses des lignes scénaristiques abordées dans les suites et s’avèrent finalement frustrant pour la personne à la recherche de nouvelles informations.

Au final, ce reboot des aventures de l’homme araignée laisse un goût de trop peu dans la bouche. Loin d’être exempt de saveurs (esthétique, action, développement), il peine à passionner véritablement son auditoire et s’avère finalement assez convenu. La faute à un manque d’originalité, un rythme bancal et un scénario terriblement inachevé. James Webb tisse une toile globale autour de ses personnages (désolé…XD) mais n’emprunte que les autoroutes pour véritablement les décrire, occultant les chemins tortueux qui promettaient pourtant d’intéressantes révélations.

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