The Rolling Stones - Paint it Black
On termine la semaine sur les chapeaux de roue avec ce hit intemporel des dinosaures du rock (toujours en activité!...pour un an et demi encore).
Parue en 1966 en single puis intégrée sur Aftermath, Paint it Black est certainement une des chansons les plus connues des Stones jouée quasi-systématiquement durant les concerts. A l'origine, le titre ne comportait pas de virgule (Paint It Black). Celle-ci a été rajoutée par le manager du groupe, ce qui a conduit à quelques polémiques raciales en raison de sa traduction "ambigüe" (Peins ça en noir vs Peins ça, noir). En conséquence, l'édition américaine d'Aftermath ne contient pas la virgule, alors que la version européenne s'écrit avec.
Au départ, Paint it, Black devait être une chanson soul assez lente, construite autour de la batterie de Charlie Watts et comprenant des sonorités orientales. Le tempo n'a été accéléré que plus tard dans le processus, renforçant le côté sombre et violent des paroles ainsi que le contraste entre cet aspect et l'atmosphère orientale de l'instrumentation. L'instrumentation justement fait la part belle à la sitar (jouée par Brian Jones) dont le son trainant est difficile à reproduire à la guitare classique. En réalité, l'instrument est un support à la guitare électrique de Keith Richards durant la chanson pour donner cette atmosphère particulière. En outre, la rythmique s'appuie également sur une basse très puissante (et "overdubée"), dont les slides dynamisent la fin de la piste.
Quant aux paroles, elles sont sombres, violentes, dépressives presque. La personne veut accorder son environnement à son humeur...noire! Du point de vue strictement textuel, on peut noter que "paint" revient en majorité, mais qu'à la fin, il semble que Mick Jagger dise "taint" (salir).
Il résulte de tout ceci une chanson très dynamique, à l'ambiance particulière et d'une violence à peine voilée (imaginez l'impact en 1966, alors que les Beatles berçaient les ondes...). L'intensité fait un bon avec l'entrée en scène de la batterie, puis plus tard avec les slides de basse. Bref, une très grande chanson des Pierres qui Roulent dont on ne se lasse pas.