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Beyond The Frontiers
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28 février 2011

The Way Back

the_way_back_poster

Peter Weir
Jim Sturgess, Ed Harris, Colin Farrel, Saoirse Ronan
Musique: Burkhard Dallwitz
Aventure - Drame

Adapté du roman The Long Walk de Slawomir Rawicz

Synopsis et Bande d'annonce (VOSTFr)

En 1940, un groupe de prisonnier s’échappe d’un Goulag sibérien. Ils vont alors accomplir un périple incroyable de plus de 6700 km vers la liberté, à travers la forêt sibérienne, le désert de Gobi, les steppes arides de Chine, le Plateau Tibétain et l’Himalaya.



Critique

Voici un film qu’il me tardait de voir ! Et s’il est déroutant au premier abord, je n’ai pas été déçu.

En effet, la bande d’annonce laissait présager un grand film d’aventure, épique, magistral. C’est pourtant un film intimiste que Peter Wier nous livre. De même, on est loin de déferlement d’émotions fortes, mais plutôt dans la Sibérie sentimentale, du moins en façade. Car The Way Back une œuvre plus psychologique que physique qui fait vivre les espoirs, les doutes et les souffrances des personnages. L’aspect sensationnel de la fabuleuse épopée passe au second plan pour mieux mettre en avant la perception personnelle de cette évasion. Le sentiment de rédemption habite véritablement ce film : le voyage étant tant physique qu’introspectif, pour apprendre à se pardonner. Et de là, la liberté naît réellement. Dans ce schéma, le spectateur découvre les personnages petit à petit, apprenant à les connaître grâce aux indices laissés en cours de route car leur passé demeure une énigme durant une bonne moitié du film, seul le personnage principal (très bon Jim Sturgess) étant un peu développé dès le départ au travers d’une poignante séquence d’ouverture.

Way_Back_Pic_4

S’il ne délivre pas la dose d’aventure attendue, Peter Weir filme les grands espaces d’Asie Centrale et de Sibérie d’une manière absolument magnifique. Certains plans sur la forêt sibérienne enneigée valent le détour, tout comme d’autres dans le désert ou l’Himalaya. Les amateurs de grands espaces seront servis, moins ceux qui s’attendent à être attirés par eux, tant ils sont dépeints comme hostiles et secs. En effet, on peut faire un parallèle entre les relations glaciales qu’entretiennent les protagonistes et la froideur ainsi que l’inhospitalité des environnements qu’ils traversent. La nature est ici dotée d’une attitude ambigüe : à la fois menaçante et dangereuse mais aussi salutaire à plusieurs reprises, rédemptrice d’une certaine manière, obligeant les personnages à aller au bout d’eux même tout en récompensant ces efforts.

Way_Back_Pic_6
De même, Weir montre les Goulags dans toute leur horreur, les prisonniers entassés les uns sur les autres dans des conditions d’hygiènes inexistantes, dans une violence latente et une peur permanente due à l’observation, à la promiscuité et à la mort présente chaque jour. La prison est glaciale, et la mine suffocante. La souffrance physique et psychologique est crûment représentée, sans pour autant être déballée facilement. Pourtant, la partie dans cet environnement est très courte et ne sert finalement qu’à justifier l’évasion et placer les personnages dans un contexte. C’est dans les grands espaces (qui ont pourtant l’air incroyablement oppressants) que les personnages prennent de la consistance.

Way_Back_Pic_3way_back_4

De part son approche résolument tournée vers les personnages, The Way Back n’est pas facile à aborder, en raison notamment de sa lenteur, des enjeux parfois flous et de l’impression de longueur qui en résulte, c’est un film qui d’une certaine manière, « se mérite ». Ses longueurs peuvent rebuter ceux qui s’attendent à un film aventureux et dynamique, mais elles servent le film en accentuant l’impression de difficulté du périple. Elles permettent de ressentir la fatigue, l’épuisement tant moral que physique des protagonistes. The Way Back s’apparente parfois à une traversée du désert, lente, difficile et sèche. On souffre véritablement avec eux : on gèle à les voir braver la neige, on a soif de les voir se déshydrater, on pleure (presque) d’en voir mourir, ce qui finalement provoque de l’attachement et de l’empathie pour eux.

the_way_back_trailer

Toutefois, si cette approche atteint son but, elle conduit à quelques ellipses brutales et à un rythme narratif très variable. La partie dans le désert de Gobi est ainsi allongée à l’extrême, alors que la traversée de la Chine et de l’Himalaya est expédiée (pourtant, géographiquement, le Plateau Tibétain est éloigné de plusieurs centaines de km de la Mongolie et s’étend encore sur quelques autre centaines de km avant d’atteindre l’Himalaya). Ainsi, pourra-t-on regretter quelque peu que le film ne soit pas plus équilibré, ne fut-ce que pour les paysages…

way_back
Soulignons également l’absence de prise de position sur le régime soviétique, ainsi que le retrait volontaire de l’Histoire. Elle n’apparaît véritablement qu’à la fin dans un parallèle habile entre le long et ardu périple vers la liberté des personnages et celui de l’Europe/Russie.  Le film se referme sur une excellente perspective historique, mais surtout sur une scène à laquelle même les cœurs les plus durs auront du mal à résister. C’est à ce moment que l’on prend conscience de la signification du titre « The Way Back ». La fin du film est certainement une de ses plus grandes qualités.

Enfin, abordons le casting dont les performances sont très bonnes. Colin Farell est attachant en criminel un peu fou, Saoirse Ronan apporte un vent de fraîcheur et de bonne humeur dans le film, Ed Harris est toujours impeccable. Mais celui qui retient l’attention est bien évidemment Jim Sturgess, attachant, dévoué, profondément gentil mais pourtant obstiné par sa quête.

Way_Back_Pic_1Way_Back_Pic_2Way_Back_Pic_5

En résumé, Peter Weir se place là où on ne l’attendait pas, livrant une œuvre au caractère assez intimiste, loin de la grande fresque épique espérée. Pourtant, il réalise un film doté d’une personnalité très forte, grâce à une réalisation à la fois superbe et intelligente, mettant en avant la difficulté de l’épopée, le dépassement de soi et la rédemption. Tout juste, regrettera-t-on un déséquilibre très net entre la longueur des séquences dans le désert et le reste du film (notamment, le goulag et la traversée de la Chine). The Way Back peut paraître d’abord difficile, mais c’est pour mieux vivre l’aventure extraordinaire des personnages, magnifiquement interprétés par un casting au exemplaire. Bref, un très bon film à la fois dur et émouvant. A découvrir !

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Bonus : la très belle bande son, également assez discrète, mais qui fait parfaitement son petit effet.

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Commentaires
L
Le film est épuisant, mais j'avais l'impression que ça allait très bien avec la difficulté du périple des personnages. Quant à l'émotion, elle est surtout présente vers la fin, assez peu au début, je l'accorde volontiers. En fait, c'est un film sur ses personnage, donc le souffle épique, il est en retrait...
R
Trop académique, aucune émotion, aucun souffle, ennuyeux au possible, ça traine en longueur et ça devient épuisant.<br /> Au bout de 40mns quand je commence à regarder ma montre c'est pas bon signe.
L
C'est difficile à suivre comme film, je l'admet, ses longueurs peuvent rebuter plus d'un et limite mener à l'ennui. Ca n'a pas été mon cas, mais je comprend bien que certains l'ai ressenti ainsi
R
Quelle purge :(
L
D'un autre côté, la BA a très bien fonctionné, parce que j'ai été le voir, pour ses paysages et moins pour son côté psychologique. Mon père voulait aussi y aller, s'attendant à un film aventureux, mais quand on lui a raconté, il était tout de suite moins enthousiaste. Donc, c'est à double tranchant ces folies.
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