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Beyond The Frontiers
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5 septembre 2011

The Thin Red Line

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Terrence Malick (1998)
Sean Penn, Adrien Brody, Jim Caviezel, John Cusak, Ben Chaplin
Musique: Hans Zimmer
Guerre

Plongée dans la bataille de Guadalcanal en 1942 où s’affrontent Japonais et Américains. Le soldat Witt est un déserteur de la marine qui est repris par l’armée. Forcé de se réengager, il participe à l’affrontement entre deux pays dans un environnement paradisiaque. C'est également une guerre aussi entre bien et mal, une lutte où l’humanité de tous est mise à rude épreuve…

Ce film fait partie des 3 Malick que j’avais commencé à regarder il y a quelques temps (années…) et arrêté avant la fin…. Grave erreur ! Ayant craqué pour le Blu Ray (d’une excellente qualité picturale et sonore, soit dit en passant), cet errement n’a été que passager. Et c’est une grande claque dans la figure que Le umas s’est prise.

Beaucoup plus abordable que The Tree of Life (c’est peu de le dire), j’ai vraiment pu apprécier le style particulier du Terrence, tout en profitant du récit. Un récit qui nous plonge dans la bataille de Guadalcanal, mais qui se penche sur l’aspect humain et non sur le côté militaire. Malick présente et explore les réactions d’hommes ordinaires placés dans l’intensité d’un combat armé.

The Thin Red Line n’échappe pas à la dualité caractéristique des films du réalisateur. L’homme est à nouveau confronté à une entité transcendantale, représentée par la Nature, qu’il interroge sur la vie, la mort et leur sens respectif (interrogation mise en valeur par les voix-off qui offrent un accès aux pensées des personnages). La fragilité de l’existence transparaît tout au long d’un film qui dénonce l’absurdité de la guerre et de sa violence crue, filmée avec un réalisme qui en fera frissonner plus d’un. Cette inutilité émerge également du contraste entre ces scènes de destruction physique et psychique et la beauté de l’environnement, de nombreux plans statiques et/ou descriptifs de la faune et flore de l’île pavant l’histoire. Les scènes centrées sur les autochtones n’ont pas d’autres buts que celui de montrer l’harmonie entre les humains eux-mêmes, au-delà de leurs différences, mais aussi entre l’homme et la nature.  La bêtise du premier est alors mise en évidence, car il use d’une brutalité aveugle et dévastatrice pour une « simple » colline, objectif qui paraît bien dérisoire devant tant de dégâts.

C’est bien là que la Ligne Rouge trouve sa signification. Physique tout d’abord, puisque le film parle d’un voyage vers la ligne de front, qui sera maculée du sang des belligérants. Philosophique aussi, comme une frontière invisible entre la vie et la mort, entre le bien et le mal, une frontière qui empêche tout retour en arrière. La limite de ce qu'un homme peut supporter en quelque sorte...

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La qualité de The Thin Red Line ne s’arrête pas à sa dimension philosophique, mais se poursuit dans la mise en scène, la photographie et le jeu d’acteur. Le film possède une beauté visuelle quasi-hypnotique. Merci à la longueur des plans, difficile de détacher les yeux de l’écran, que ce soit pour une image douce et verdoyante ou pour un sujet beaucoup plus dur. Cela rend l’expérience d’autant plus intense que Malick sublime les expressions des visages. Toutes sont parfaitement lisibles : l’espoir, la terreur, la résignation, la tristesse. Il faut ici saluer les prestations d’un casting riche mais d’une densité absolue : Sean Penn et Jim Caviezel excellents, Elias Koteas émouvant dans sa défense de ses hommes, etc.

Le tout est mis en musique par un Hans Zimmer décidemment inspiré. Déroulant une musique sublime, à la fois douce dans son instrumentation et lourde dans ses ambiances, son travail souligne à merveille les images et insuffle sa puissance au film. L’exemple-type se trouve dans "ma" scène forte et marquante du film : l’assaut final sur le village et sa destruction. Journey to The Line en fond, son crescendo en intensité qui suit celui de la barbarie humaine, pour culminer avec ce visage sortant à peine de terre… Une séquence magistrale de plus de 5 minutes, muette mais portée par la musique.

En définitive, The Thin Red Line est plus qu’un simple film de guerre, c’est un chef d’œuvre dans lequel Malick arrive à insuffler une dimension poétique à un thème qui ne s’y prête a priori pas, grâce à une réalisation époustouflante de beauté et de maîtrise. La dimension philosophique, des acteurs excellents et une musique grandiose viennent parachever cet excellent long métrage.

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Commentaires
2
Tes souvenirs sont exacts : il veut une promotion. Mais sa voix-off apportait, je trouve, une critique très pertinente sur cette course à la promotion et aux décorations.
L
Il est très humain, mais le souvenir que j'en ai c'est celle d'un type borné aux ordres pour avoir sa promotion ou quelque chose comme ça. C'est sûr que la voix off avait apporté de la nuance, mais j'ai développé la critique bien après avoir vu le film ;)
2
Je ne trouve pas le personnage de Nick Nolte antipathique mais très humain. Ses pensées en voix-off permettent vraiment d'avoir une opinion moins tranchées sur lui, d'avoir un autre éclairage sur lui. Il suit les instructions, il est dans le respect de la hiérarchie mais il est néanmoins conscient d'envoyer ces soldats se faire massacrer.
L
Merci ;)
A
"En définitive, The Thin Red Line est plus qu’un simple film de guerre, c’est un chef d’œuvre "<br /> Je ne l'aurais pas mieux dit.
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