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Si elle est diversement appréciée selon les goûts, force est reconnaître la grande qualité de la composition d’Howard Shore pour The Lord of The Rings. Les projets d’en faire des concerts n’ont pas manqué et dès 2010, 3 tournées mondiales ont été montées, une pour chaque film. Lorsque j’ai appris qu’il y avait des concerts pas loin (enfin, 200km), l’occasion était trop belle pour être manquée. Et c’est avec Maria Julia, fan invétérée, que l’aventure « The Two Towers in Live » - OST qui mêle action et ambiance, à mi-chemin entre TFR et TRK - s’engage.

D-Day : 9 juin, jour du premier match des Pays-Bas à l’Euro, ça vous agresse les pupilles à coup d’orange fluo (jusque dans la salle). Enfin, ça promettait un peu d’ambiance s’il gagnait…ce qui apparemment n’était pas gagné.
Lieu : Rotterdam. Grande ville batave, renommée pour son port gigantesque, située à l’embouchure de la Meuse. Egalement connue dans le monde urbanistique pour son architecture post-moderne impressionnante. Plus précisément, c’est au cœur du complexe de spectacles-conférences de Doelen que se tient le concert.

De Doelen (Grote Zaal), salle qui accueille les 2000 spectateurs de tout âge et de tout type (du fan lambda au hardcore en passant par le mélomane averti ou la famille), n’est pas particulièrement jolie. D’architecture très moderne, elle brille par son acoustique (beaucoup moins par le confort de ses sièges !). Placé dans les premiers rangs côté cour, assez en retrait pour bénéficier d’une meilleure vue sur l’écran où sera projetée l’intégralité du film (version ciné) sans perdre la fosse de l’orchestre de vue.

Mais revenons à la musique. Outre leur aspect événementiel et promotionnel, ces concerts offrent surtout l’opportunité de redécouvrir la beauté des arrangements d’Howard Shore dans un cadre unique, et d’une manière inédite. En effet, l’expérience est bien éloignée d’une bonne sono : la salle enlève toute la compression présente sur les disques ou provoquée par la qualité des enceintes. Si cela amoindrit le punch de certaines pistes, l’aération donne une sensation d’espace où  les notes s’épanouissent parfaitement. La musique semble libérée des limites des speakers et occupe l’espace de manière bien plus aérienne et gracieuse que dans une salle de cinéma.

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C’est une sorte d’ivresse musicale qui envahit alors les oreilles et le corps. Car un concert n’est pas qu’affaire d’ouïe, mais aussi de vibrations, celles qui remuent les tripes, hérissent les poils, celles enfin qui font vibrer le siège. Le visuel a sa part d’importance également. Si la décoration de salle ne laisse rien transparaître, c’est vers l’orchestre que le regard se tourne. La curiosité et le plaisir de voir les musiciens jouer sont réels : repérer les instruments, détailler les mouvements des doigts et des bras ou encore chercher qui joue quoi. Un coin du voile se lève alors sur cette partie souvent mystérieuse de l’enregistrement et de la direction d’une bande originale. Les tonalités un peu différentes et l’équilibrage du niveau sonore font redécouvrir les pistes les plus nuancées sans altérer la puissance des thèmes principaux. De même, l’immersion dans le film ne perd rien, en dépit d’un son bien moins engageant. Tout cela forme une l’expérience à part entière et bien plus large qu’une simple écoute. 

La set-list est issue des « Complete Edition » (voir ci-dessous). 2h45 de musique entrecoupées d’une pause bien méritée pour les musiciens. Les thèmes s’enchaînent et rare sont les moments de silence complets. Si les arrangements de l’Isengard et du Mordor vous collent au siège, ceux du Rohan prennent au ventre et/ou filent la chaire de poule. Sans parler des chœurs tour à tour épiques, mélancoliques ou romantiques (The Last March of The Ents...aarrgh!). L’interprétation est sans faille, tout au plus regrettera-t-on le son du film lui-même. Le rythme colle parfaitement à l’image, l’intensité est juste à chaque instant et par moment, l’on se demande si c’est vraiment à un concert que l’on assiste. On sent que le spectacle est rôdé (il s’agit pourtant du premier soir !). Une performance de haute-volée des musiciens et des choristes, parmi lesquels des enfants pour les parties les plus hautes.

Au final, The Two Towers Live est bien plus qu’un concert philharmonique. C’est une redécouverte de l’œuvre d’Howard Shore, mais également du film qui va avec. Il s’agit avant tout d’une expérience sensorielle, complète. Le couple image-musique est ici sublimé par la puissance de la seconde, sa pureté, la résonnance dans les corps et dans les sièges. Le tout en étant témoin du jeu des musiciens. Bref, un concert que tout amateur de musique et du LOTR devrait aller voir (et sa chance n’est pas encore passée, car les 24,25 et 26 avril 2013 verront Le Retour du Roi à Rotterdam !).

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Set-List

Glamring
Elven Rope
Ugluk's Warriors
The Tree Hunters
The Banishment of Eomer
Night Camp
The Plains of Rohan
Fangorn
The Dead Marshes
Wraights on Wings
Gandalf The White
Edoras
The court of Medusel
Theoden King
The Forests of Ithilien

-- Pause --

One of The Dunedain
The Wolves of Isengard
Refuge at Helm's Deep
Voice of Saruman
Arwen's Fate
The Story Foretold
Faramir's Good Counsel
Aragorn's Return
War is Upon Us
Where is The Horse And The Rider?
The Host of The Eldar
The Battle of Hornburg
The Breach of the Deeping Wall
The Entmoot Decides
Retreat
Master Peregrin's Plan
The Last March of the Ents
Theoden Rides Forth
The Tales That Really Matter