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Réalisateur
: Milos Forman
Acteurs : Jack Nicholson, Louise Fletcher, Will Sampson, Brad Dourif
Musique : Ed Bogas
Genre : Drame
Date de sortie : mars 1976

Synopsis

Afin d’échapper à la prison, Randy McMurphy se fait interner pour « être évalué ». Plongé dans un univers totalement étranger, il se lie d’amitié avec un groupe de patients dont la détresse le touche. Il se rend compte bien vite que Mlle Ratched a imposé des règles très strictes qu’elle entend faire respecter à la lettre. Pourtant, McMurphy va tenter de faire changer les choses.

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Critique

Vol au-dessus d’un nid de coucous fait partie des films intemporels, dont les années n'ont en rien entamé la profondeur et la sensibilité.  On y suit l’internement d’un délinquant récidiviste qui vient d’être transféré d’une prison à un asile psychiatrique pour subir une batterie de tests mentaux.

Plongé dans un monde qui l’amuse (souvent) et l’intrigue (souvent aussi) autant qu’il l’exaspère (très souvent) ou le révolte (au moins autant), Randall McMurphy se lie d’amitié avec un groupe de patients aussi attachants et touchants que déjantés. Chacun possède un trouble plus ou moins handicapant, mais tous souffrent d’une même mal : le manque de compréhension, de divertissement et finalement d’affection que la froideur de l’environnement hospitalier, matérialisé par la rigidité des gardiens et infirmières, similaires à des robots, ne peut leur prodiguer. L’arrivée de McMurphy remet de la vie dans un quotidien routinier, ajoute une dose de folie dans un univers aseptisé, redonnant un peu d’espoir et d’importance à chacun.

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McMurphy va alors découvrir que la vraie prison n’est pas celle qu’il a côtoyé auparavant mais cet établissement d’une froideur et d’une rigidité à toute épreuve. D’un emprisonnement physique, il passe à un enferment mental. Alors qu’une prison laisse la place à l’imagination et à une évasion de l’esprit, un asile tente de casser toutes velléités de différence en forçant les patients à rentrer dans un moule mental « pour leur bien ». C’est là que McMurphy se révolte contre l’institution, celle-là même qui veut le priver de sa plus grande liberté, celle de vivre, d’être lui-même. Il emporte avec lui Grand Chef, un personnage énigmatique (mais certainement le plus attachant de tous), une sorte de petit enfant dans un corps d’armoire à glace. Au final, même si le résultat est tragique, il est optimiste: McMurphy a montré que la compréhension et l’attention sont de meilleur traitement que la froideur, les médicaments, les électrochocs et la routine, il a redonné espoir aux patients, adouci l’institution et surtout montré à ses amis que personne n’est destiné à rester captif, qu’ils ont le choix.

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Le film pose la question du véritable bonheur : doit-on être sain d’esprit pour vivre heureux ? Doit-on détruire quelqu’un pour le réinsérer dans la société ? Est-ce réellement pour son bien ?

Il dénonce aussi les pratiques violentes de la psychiatrie des années 1970 : imposer une chape de plomb sur les patient, les briser moralement voire, si nécessaire, passer par la lobotomie pour les rendre dociles.

En conclusion, Vol au dessus d’un nid de coucou est un film profondément humain dont les personnages incarnés  par des acteurs impeccables - Nicholson joue à merveille le jeune excentrique et Louise Fletcher est littéralement glaçante – ne s’oublieront pas de si tôt, tant ils sont attachants. Un métrage qui mérite amplement son statut de « classique » du cinéma. A voir et à revoir !

Bonus : c’est là que je viens de prendre toute la dimension de l’épisode 6x01-02 de House M.D. XD

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