arnaque
Georges Roy Hill (1973)
Paul Newman, Robert Redford, Robert Shaw
Musique: Marvin Hamlisch
Comédie – Noir

A Chicago, en 1936, Johnny Hooker et son acolyte Coleman volent sans le savoir le convoyeur de fonds de Doyle Lonnegan, un dangereux gangster de New York. Coleman est aussitôt abattu par le gang de ce dernier et Hooker se réfugie chez Henry Gondorff, un spécialiste de l'arnaque. Ceux-ci décident alors de venger la mort de Coleman en montant une vaste escroquerie destinée à mettre Lonnegan sur la paille.

Largement récompensé dans les grandes cérémonies, les critiques et par les spectateurs, L’Arnaque a acquis son statut de classique du cinéma grâce à ses nombreuses qualités.

Tout d’abord, comment ne pas évoquer le duo de choc composé du beau gosse de l’époque, Robert Redford, et de Paul Newman au regard bleu acier magnétique. Des acteurs stars auxquels le public féminin aurait difficilement résisté. Pourtant, le succès de The Sting ne repose pas tant sur leur physique que sur leur jeu investi et crédible, incarnant des personnages charismatiques. Un vieux renard de la supercherie dont les talents se dévoilent au fur et à mesure qui s’associe et enseigne à un jeune surdoué du passe-passe, un « kid » impulsif qui a le don de s’attirer des ennuis.  On ajoutera une complicité remarquable entre ces deux acteurs rendant le film d’autant plus agréable et facilitant son déroulement. Bref, c’est un plaisir de voir ce duo à l’œuvre. Œuvre qui consiste à berner et délester de sa fortune un Robert Shaw campant avec brio un patibulaire et ombrageux mafieux.

La tromperie est alors remarquablement mise en scène. Divisé en chapitre décrivant les étapes de l’arnaque, le scénario  nous propose une belle mise en abîme, un film dans le film. Ou plutôt une pièce de théâtre , un tour de magie dans le film. En ce sens, il incarne un prototype du fantastique Prestige de Nolan (et sa construction suivant les étapes du tour). Construction, retournements et nombreuses ficelles le rendent tout bonnement passionnant et aussi accrocheur que Johnny Hooker. L’intrigue et la supercherie enfle tout au long du film, au point que l’on en vient à douter de la réussite de l’arnaque. Sans oublier un petit twist final qui fera office de cerise sur le gâteau. Second plaisir du film, donc : suivre la construction de l’arnaque et voir l’antipathique Shaw tomber dans le panneau. Le tout dans la joie et le bonne humeur, car l'humour est assez présent et rafraîchissant.
Enfin, la reconstruction du Chicago des années 30 est tout aussi crédible et réaliste (L’ensemble baigne dans les histoires d’arnaqueurs, de mafia et de prohibition). Décors, costumes, ambiance, musique, tout y est.  Cette dernière est d’ailleurs particulièrement efficace.

Bref, L’Arnaque est mérite assurément son succès. Alliant scénario aux petits oignons, acteurs et personnages charismatiques ainsi qu’une belle reconstruction d’époque, George Roy Hill nous sert un film fin, astucieux et indémodable. Du grand cinéma, quoi !

The-Sting